Cinéma Truly Naked : un film radical sur un ado confronté à la violence de la pornographie

Cinéma Truly Naked : un film radical sur un ado confronté à la violence de la pornographie

Truly Naked est un film paradoxal et radical. Où un doux premier amour est confronté à la violence du porno. Muriel d’Ansembourg fait de la pornographie un milieu familial oppressant, dont son jeune héros doit s’émanciper, à l’ombre d’un père acteur de films X, à la personnalité écrasante. « C’est du business », tranche-t-il sèchement, « pas les beaux-arts ». Le fils travaille comme caméraman et monteur pour les films pornographiques de son père (Andrew Howard, manipulateur et malaisant).

Au vu de son sujet, le film n’avait pas d’autre choix que de montrer des scènes au contenu sexuel explicite, sans édulcorer, sans romantiser, dans une frontalité inconfortable, mais sans perdre non plus de vue son héros, l’adolescent timide et introverti qu’incarne sensiblement Caolán O’Gorman. Son apprentissage intime est singulier : il passe par la déconstruction puis reconstruction d’une sexualité autre, affranchie de la pornographie.

L’éducation sexuelle façonnée par le porno

Alors que de plus en plus d’adolescents découvrent très tôt des contenus adultes en ligne, le scénario fait écho à ce rapport précoce et socialement de plus en plus prégnant au porno. Un phénomène qui façonne l’éducation sexuelle, impose des schémas de représentation souvent violents, et conforte les injonctions patriarcales les plus rigides, qui pèsent sur les corps et les imaginaires des jeunes.

Le personnage de Lizzie, incarné par la magnétique Alessa Savage, actrice de films pour adultes qui a aussi participé au film en tant que consultante, décentre utilement le regard masculin du père. D’une parole libre, crue et souvent poignante, elle témoigne de la condition des actrices X et de l’opprobre jeté sur elles : le déclassement social ; l’objectivation permanente du corps marchandé ; le consentement qui n’en est pas toujours un. « On souffre seules. Et on sourit en public », lâche-t-elle avec une lucidité qui glace, avant qu’une scène hardcore dérangeante tourne au gore saignant. Alors Truly Naked a des airs de film de body horror, à donner des haut-le-cœur. Alors le porno cesse d’être une sexualité différente et se mue en bête monstre tentaculaire.

Truly Naked de Muriel d’Ansembourg, en salles dès ce mercredi 15 avril. Durée : 1 h 42. Interdit aux moins de 16 ans.

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