
Jamie organisait ses journées autour de ses séances de masturbation, jusqu’à cinq fois par jour, dans le secret de son appartement du Michigan. Converti à la pornographie à 12 ans, cet ingénieur de 32 ans n’a pris la mesure de son problème qu’après l’enterrement de son père, il y a trois ans: incapable de pleurer, incapable même de ressentir quoi que ce soit, il s’est réfugié dans ce qu’il décrit comme «un rush de dopamine», en regardant du porno hardcore.
En mars 2025, sa compagne le confronte à son addiction, l’accusant de lui mentir et de la tromper. «Mon monde s’est écroulé» raconte Jamie au site Wired. Il reconnait enfin son addiction et promet de tout faire pour y mettre fin. Il découvre Relay, une application créée par deux étudiants mormons, promettant d’aider à «reprendre le contrôle sur le porno, un jour après l’autre», et s’engage alors auprès de sa compagne à ne plus jamais en regarder.
Relay se présente comme un programme clé en main pour arrêter le porno: vidéos animées par des thérapeutes, journal intime, séances de partage en direct, outils pour gérer les «envies» les plus fortes. Les utilisateurs peuvent même suivre leurs séries de jours sans porno et celles des autres. L’abonnement complet coûte 149 dollars par an (129 euros) et s’inscrit dans une démarche censée traiter les causes profondes –solitude, anxiété, traumatismes– plutôt que seulement le symptôme. L’application revendique plus de 110.000 téléchargements et un public à 89% masculin.
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En novembre, Relay s’est associée au lobby anti-porno Fight the New Drug pour lancer «The November Project», une campagne d’abstinence de pornographie qui a déjà attiré 28.000 inscrits. Pour son jeune PDG, Chandler Rogers, 27 ans, la consommation de porno est devenue «une épidémie moderne». Membre de l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, il dit avoir cofondé l’application en 2021 après des années de lutte personnelle: malgré des dizaines de tentatives, il ne tenait jamais plus d’une semaine sans replonger. Formé à l’Université Brigham Young, bastion mormon dans l’Utah, il affirme viser sa propre génération.
Une véritable addiction?
Relay se déploie dans un paysage où le porno n’a jamais été aussi accessible – ni aussi contesté. Aux États-Unis, les cinq principaux sites X ont cumulé près de 2,2 milliards de visites pour le seul mois de juin 2025, alors que se développe un nouveau genre de pornographie, liée aux chatbots relationnels et à la génération d’image et de vidéos explicites par l’IA. Chandler Rogers, lui, y voit une industrie prête à exploiter «les faiblesses psychologiques» à une échelle inédite et accuse ces technologies de nourrir une génération d’hommes isolés, coupés de toute intimité réelle.
Cette offensive morale anti-porno n’est pas l’apanage des mormons. Des lois apparaissent aux États-Unis, en France ou au Royaume-Uni pour tenter de réguler l’accès aux sites pour adultes, en imposant par exemple une vérification d’identité. Seize États américains ont même qualifié la pornographie de «crise de santé publique», reprenant un vocabulaire popularisé par les conservateurs américains.
Pourtant, du côté des spécialistes, le consensus est loin d’être établi: la pornographie ne figure pas comme addiction à part entière dans les classifications psychiatriques. Certains chercheurs parlent plutôt de comportements sexuels compulsifs, proches de troubles du contrôle des impulsions, et insistent sur le fait qu’une grande partie des usages intensifs ne sont pas nécessairement problématiques.
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Au cœur du dispositif Relay, il y a cependant une cible bien plus spécifique: le «gooning». Conceptualisée récemment, cette pratique ne consiste plus à se masturber puis de passer à autre chose. Il est ici question de sessions-marathon où l’on reste des heures à la limite de l’orgasme, à consommer énormément de contenu, souvent en communiquant avec d’autres utilisateurs sur des serveurs Discord saturés de vidéos explicites. C’est précisément cette pratique que Relay dit vouloir combattre.
Chandler Rogers assume pleinement le cadre religieux de sa démarche. Il multiplie les interventions dans des podcasts chrétiens, soutient un discours de «pureté sexuelle» et propose dans l’application des solutions explicitement basées sur la foi. Sur le blog de Relay, les références à «l’immoralité», à la «vitalité spirituelle» ou à la haine de soi des croyants confrontés à leur consommation de porno sont omniprésentes. «J’ai grandi avec l’idée que regarder du porno était un péché», explique-t-il. Sa volonté de surmonter l’addiction était indissociable de son désir de mieux suivre Dieu.
Jamie, lui, affirme avoir dépassé les 240 jours sans porno, une abstinence qu’il attribue directement à Relay. Pour sauver son couple, il reconnaît un processus long, pénible, tentant d’effacer une addiction présente pendant les deux tiers de sa vie. «Pour la première fois, je me suis rendu compte que je n’étais pas seul», résume-t-il.
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